Et pendant qu’on y est

En Marge fête la Saint-Valentin, deuxième

Alors voilà, vous savez à quoi vous en tenir pour ce qui est du petit coeur. On ne va pas s’arrêter là, quand même ? Qu’est-ce qu’on a d’autre, comme symbole sirupeux et envahissant ? Ah, ben voilà, le petit angelot joufflu. A qui des parents manifestement irresponsables ont confié un arc en dépit de son âge. Le chérubin.

Si l’image de l’archer de l’amour vient en ligne directe de la Grèce Antique et d’Eros fils d’Aphrodite, ça vaut la peine s’arrêter un instant sur ce qu’est un chérubin. Le terme vient de la Bible, dans laquelle il désigne une classe d’ange. Les petits anges mignons qui doivent être là pour jouer de la trompette et faire résonner leur rire cristallin dans les cieux ? Point.

Vous voyez les anges ? Bon, ce sont les anges. Le messager divin de base. Le soldat première classe de l’armée céleste. Au-dessus dans la hiérarchie, que trouve-t-on ? Mais si, cherchez un peu. Voilà, les archanges, qui comme le nom l’indique sont au-dessus des anges. Et après, le Grand Chef ? Pas du tout. La hiérarchie céleste compte 9 degrés, et là nous venons juste de citer les deux premiers (en partant du bas). Nous trouvons ensuite, par ordre ascendant :

  • les principautés ;
  • les puissances ;
  • les vertus ;
  • les dominations ;
  • les trônes ;
  • les chérubins ;
  • les séraphins.

Quoi, ils sont en deuxième position les petits angelots ? Non, parce qu’ils n’ont rien de gamins tout meugnons. Il est tout à fait possible que le terme soit arrivé en latin depuis l’hébreu, qui serait lui-même allé le chercher du côté de l’assyrien, dans lequel le kéroub est celui qui prie. Et qui est figuré comme un taureau ailé. On est loin des putti (singulier putto, on recommandera de ne pas l’utiliser au singulier).

Il s’est passé un truc dans la traduction de “taureau”.

Et si vous pensez qu’un taureau ailé c’est moyennement glamour, attendez de voir un chérubin biblique. A la deuxième place de la hiérarchie divine, ils sont pas là pour enfiler les perles.

Dans la Genèse, les chérubins montent la garde autour de l’arbre de vie après l’expulsion d’Adam et Eve du jardin d’Eden. Avec des grands glaives flamboyants. Ca rigole pas.

Pour ce qui est de leur aspect, citons Ezéchiel :

Tout le corps des chérubins, leurs dos, leurs mains, et leurs ailes étaient remplis d’yeux

[…]

Chacun avait quatre faces, chacun avait quatre ailes.

Sachez que les ailes en question sont définies dans la théologie comme étant bleues. Et les quatre faces ? D’homme, de bœuf, de lion, et d’aigle.

Et ne me lancez pas sur l’aérodynamique du truc.

Je ne sais pas vous, mais si je vois une créature comme ça se pointer pour m’apporter une carte, Saint-Valentin ou pas, je ne suis pas sûr de lui ouvrir.

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