Un penny pour vos pensées

Un penny pour vos pensées

Un billet signé de notre première special guest, Lili Galipette.

Bienvenue dans un monde différent ! Sam et Jean-Christophe vous ont habitués à des articles de fond et très fouillés (pas ce fond et pas cette fouille, bande de gros dégueulasses !).

Leur truc à eux, c’est l’Histoire. Mon truc à moi, ce sont les histoires, comprendre les livres et les films.

Alors quand les deux se croisent au gré des adaptations, je bois du petit lait de coco ! Je vous propose donc les portraits croisés des différentes versions cinématographiques d’un personnage littéraire, avec un petit chouia d’interprétation des choix des réalisateurs !

Pennywise, ou Grippe-Sou en version française, tout le monde situe ? Une tronche de porte-bonheur à vous faire désirer la schkoumoune !

Je résume pour les trois du fond. Pennywise, c’est un des monstres iconiques de Stephen King. Oui, Stephen King ! Ne commencez pas à râler et à dire que ce blog perd en qualité ! C’était déjà pas folichon avant que j’arrive !

Donc, Stephen King, disais-je. Non, ce n’est pas de la sous-littérature. Oui, le snobisme culturel me donne envie d’arracher des bras de petits garçons. Ah ben tiens, comme Pennywise ! Oui, vous verrez, j’ai de la suite dans les idées.

Pour la faire courte, notre héros est un vilain pas beau. Il enlève des mômes et les bouffe, mais avant il prend bien soin de les terroriser, des fois que le kidnapping n’ait pas suffisamment retourné leurs cervelles ingénues. Son apparence principale, c’est celle d’un clown. Et c’est parti pour un peu de coulrophobie ! Non, je ne vais pas tout détailler. Prenez-vous en main et lancez votre moteur de recherche. Non, pas dans ma gueule…

Si je vous dis clown, vous me répondez ? Maquillage outrancier et costume bouffon ? Tout juste, Auguste ! Je sais, s’en prendre au physique, c’est petit, mais lui, il cherche !

Commençons par la bouille du Pennywise de la minisérie de 1990 :

  • Des dents qui n’ont pas vu un dentiste depuis longtemps, ou alors en steak tartare ;
  • Un gros blase d’alcoolo du fond de l’Oklahoma, option gnôle de contrebande ;
  • Un front plus haut que le viaduc de Millau, et à peine moins affreux ;
  • Deux touffes de cheveux rouges, façon perruque d’Halloween de chez Tati ;
  • Des fringues récupérées à l’Armée du Salut, la bienveillance en moins ;
  • Le teint blafard, malgré le fard, plus pâle qu’une tâche de lune (Écoutez Reggiani, bande de pisse-froid !)
“Coucou.”

Bref, Pennywise est moche et il le sait ! Sommes-nous la police de la mode ? Disons que oui. Et je vous emmerde, c’est ma chronique ! Vous trouvez le clown de Tommy Lee Wallace franchement laid ? Passons à la version 2017 d’Andrés Muschietti.

Ici, Pennywise se la joue dandy de l’horreur. Beau gosse à la bouche délicatement carmin, qui t’attire dans une ruelle pour te montrer que Mère-Grand n’avait pas de si grandes dents…

  • Un pif mutin souligné d’un peu de rouge, parce que pas besoin que ça se voie comme le nez au milieu de la figure ;
  • Une coupe bien peignée, peut-être un peu trop rousse, mais je ne vais pas me mettre à dos la communauté rouquine dès ma première fois ;
  • Un costume blanc crasseux (non, pas cassé…), mais bien ajusté ;
  • Le visage blanc, mais plus Dame aux Camélias que Ripolin.

En vrai, on a presque envie de le pécho, ce Pennywise. ON EST ENTRE ADULTES CONSENTANTS, ON FAIT CE QU’ON VEUT, CHACUN SES FANTASMES, OKAY !

Sauf que… si je mets de côté ma terreur adolescente de voir Pennywise sortir de la bonde des douches des vestiaires, j’ai fait un plus gros pipi culotte devant la version de Muschietti que devant celle de Wallace. Oui, je parle sans honte de mon incontinence, y a quoi ?!

Le premier porte sur sa face qu’il est une sale bête, un gros dégueulasse qui va vous déguster avec un excellent chianti. Le second cache un peu mieux son jeu, on a presque envie de lui plaire. Si on aime les hommes aux lèvres humides, évidemment… Il a ce petit sourire qui vous fait dire : « Allez, il a peut-être un bon fond. » Un bon fond de cul de basse-fosse, oui ! En voilà, un vrai salopiaud pervers ! Et c’est pire quand il ouvre la bouche…

Tim Curry interprète le Pennywise de 1990 et Bill Skarsgard dans le film en deux parties d’Andrés Muschietti. Les deux acteurs ont évidemment été bien défigurés, ou maquillés si vous préférez, pour les besoins du rôle. Pas facile de les reconnaître sous la couche de plâtre.

Tommy Lee Wallace visait clairement la bonne grosse trouille au premier degré. Son Grippe-Sou a une vraie gueule de cauchemar, même quand on est réveillé. Il est laid, il le sait, il s’en fout, il en joue ! Le film fait peur et une de mes sœurs garde un bon gros trauma de l’avoir vu avant 10 ans. Oui, c’est un téléfilm, du genre série B : il respecte la lettre du roman, mais il est parfaitement adapté au format télé et deuxième partie de soirée. C’est le film à voir entre potes un soir d’Halloween avec quelques coups dans le pif !

Andrés Muschietti a forcément vu le téléfilm de 1990, mais plus qu’une volonté de s’éloigner de cette version, je vois dans son Pennywise classieux un vrai désir de redonner au genre ses lettres de noblesse.

Bon, manque de bol, si c’est réussi d’un point de vue esthétique et diurétique, c’est plutôt raté d’un point de vue cinématographique, du moins pour le deuxième volet. Parce que ce n’est pas le tout d’avoir un bon personnage principal, il faut aussi s’occuper du reste du casting ! Et réussir à faire mal jouer Jessica Chastain et James McAvoy, c’est un exploit assez triste, Monsieur Muschietti !

Et maintenant, un bon bain.

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