Sortir de Saigon

Sortir de Saigon

– Qu’est-ce que tu fais avec ce pot de peinture ? Ca va encore mal finir.

– Mais non. Et puis il est temps de se préparer.

– A quoi donc ?

– Ecoute, au vu des derniers mois, il me semble évident qu’on doit être prêt à tout. Par exemple, imagine qu’il faille évacuer rapidement.

– Dernièrement on nous a plutôt demandé de ne pas bouger.

– Oui mais l’idée c’est de tout envisager. Donc, une évacuation.

– Donc un pot de peinture ?

– Pfff, la peinture c’est pour… J’ai fait des mesures, normalement un hélico doit pouvoir atterrir sur le petit parking à côté. Donc je vais mettre un marquage au sol. On sait jamais.

– Pour un hélicoptère ?

– Oui.

– Pour une évacuation ?

– Oui.

– Mais pourquoi diable voudrais-tu qu’une évacuation se fasse en hélico, en pleine zone urbaine ?

– Eh ben…c’est comme ça qu’on fait non ?

– Sauf circonstances particulières, non.

– Attends, hé, ne m’embrouille pas. J’ai vu les images.

– Lesquelles ?

– L’évacuation de Saigon en 1975. Je me souviens bien. Enfin, pas directement.

« Nous rappelons aux personnes accompagnant les voyageurs qu’elles ne doivent pas monter à bord. »

– Ah. Oui. Alors l’évacuation de Saigon, c’est à la fois la plus importante et remarquable opération de ce type, et aussi pas du tout ce qui était prévu.

– Comment ça ?

– On peut penser ce qu’on veut des militaires, mais ce sont des gens qui planifient leurs opérations et essaient d’envisager toutes les hypothèses, en général.

– Et même aux grades inférieurs.

– Par conséquent, quand la guerre du Vietnam s’est obstinée à ne pas tourner en leur faveur, ils ont commencé à élaborer des plans de retraits. Les Etats-Unis ont ainsi commencé à planifier et exécuter l’évacuation de leurs troupes du Vietnam dès 1973. L’opération devait se poursuivre jusqu’en 1976. Cependant en 74, ils réalisent que tous les Vietnamiens qui ont servi aux côtés des Américains seront très probablement visés quand le Nord s’emparera du Sud. Il faudrait donc penser à les faire sortir du pays aussi.

– C’aurait été bien que tout le monde en fasse autant en Afghanistan quelques années plus tard.

– Incontestablement. Au printemps 1975 le secrétaire d’Etat Henry Kissinger dispose d’une liste de 1,6 million de personnes à évacuer, dont 600 000 Vietnamiens. Sauf qu’à ce stade et après plus de deux ans de préparation, les Etats-Unis étaient en mesure d’en faire sortir environ 8 000.

Mais qui a préparé les plans…oh, ok.

Même en révisant les chiffres, on arrive à 200 000 sud-Vietnamiens à évacuer.

– On va manquer de place.

– De place et de temps. Par ce que le Nord pénètre le Sud en mars, et s’approche rapidement de Saigon. Des évacuations de civils sont alors organisées par avion, vers les pays voisins, depuis l’aéroport de la base de Tan Son Nhut. 50 493 personnes quittent le pays ainsi. Mais ce n’est pas une évacuation officielle à grande échelle.

– Mais pourquoi ? Ca commence à chauffer pour leurs fesses là, quand même.

– Eh ben non. C’est du moins l’opinion d’une personne. Une seule, mais qui a les clés : l’ambassadeur des Etats-Unis, Graham Martin. C’est à lui qu’il revient de donner l’ordre d’évacuation. Or il considère que rien n’est joué, que les Etats-Unis peuvent encore l’emporter grâce à leur puissance de feu supérieure, en dépit du fait que ce n’est manifestement pas ce qui se passe.

« La situation est parfaitement sous contrôle. Tout va bien. Ils vont voir ce qu’ils vont voir. »

– Je ne voudrais pas être désobligeant, mais son excellence est un peu conne, là.

– Ben oui, mais pas de bol. Tout le monde comprend qu’il faut mettre les voiles, sauf le gars qui peut prendre la décision. Déjà que le Nord progresse plus vite que prévu l’obstination de Martin compromet les plans d’évacuation.

– Comment ça ?

– Le plan Frequent Wind…

– Vent fréquent ? Il a été conçu autour d’un cassoulet ?

– Alors c’était pas son nom initial, il a été changé après que le Nord en a…eu vent. Toujours est-il qu’il envisageait 4 options pour quitter le pays, de la meilleure à la moins favorable. La première consistait à organiser des vols d’avions commerciaux depuis Tan Son Nhut, la base militaire de Saigon, et d’autres aéroports du Sud. La deuxième possibilité était identique, mais avec des appareils militaires. La raison pour laquelle on favorisait une évacuation en avion et tout bêtement logistique : c’est dans un avion qu’on met le plus de monde pour quitter rapidement le pays, et on peut organiser des rotations assez rapides.

– Ca se tient.

– Le troisième choix consistait à procéder à une évacuation par la mer, depuis le port de Saigon. Enfin, la quatrième et dernière option, celle considérée par les spécialistes comme la moins préférable, était d’utiliser des hélicoptères pour emmener la population à évacuer vers la quarantaine de bâtiments militaires stationnés en mer de Chine.

– Si je te suis bien, les hélicos c’était l’option de secours de l’option de secours de l’option de secours.

– C’est ça. Parce qu’un hélicoptère a des capacités sensiblement inférieures à celles d’un avion ou d’un bateau. Le 1er avril, les différents corps d’armée US se rassemblent à Saigon pour préparer leur départ. Les ambassades, les organismes de presse, et la CIA commencent à quitter le pays. Pour autant, il ne s’agit toujours pas d’une évacuation générale.

– Parce que l’ambassadeur bloque.

– Exact. Le 12 avril, Martin explique qu’il ne tolérera aucun signe de retrait, et ordonne donc à son personnel de rester en place. Un général des Marines le rencontre le 13 avril pour le faire changer d’avis, mais non. Le 23 avril, le président Ford annonce qu’en ce qui concerne les Etats-Unis, la guerre du Vietnam est terminée. C’est pourtant clair, non ?

– Plutôt.

– Eh ben non. Le 28 avril, les forces nordistes encerclent Saigon, et bombardent la base aérienne de Tan Son Nhut, empêchant une évacuation par avion, alors que c’était la méthode privilégiée. Plus possible non plus de procéder par bateau. Martin accepte alors que les femmes des employés de l’ambassade, et la sienne, partent, ainsi que ceux qui avaient besoin de les accompagner. Mais pas les autres.

– Ca devient ridicule.

– Le lendemain à 7h, l’attaché militaire enjoint Martin de donner l’ordre d’évacuation. Il refuse, et demande à se rendre à la base aérienne pour constater les dégâts, des fois que la piste ne soit pas vraiment inutilisable. Il ne peut aller sur place qu’à 9h, puis finalement il se rend à l’évidence et donne l’ordre à 11h.

– QUAND MEME !

– C’est le lancement de l’opération Frequent Wind. Il n’est alors évidemment plus question d’évacuer les dizaines de milliers de personnes prévus, mais autant que possible. La radio militaire annonce donc que la température est de 40°C, en hausse, et diffuse I’m dreaming of a white Christmas, de Bing Crosby.

– Euh, attends. Déjà, une température de 40°C ne m’évoque pas plus que ça Noël, et en plus je ne vois pas ce que ça vient faire là.

– Dans les semaines précédentes, l’ambassade avait distribué des manuels pour inviter les personnes susceptibles d’être évacuées à se préparer, et leur indiquer que cette annonce et ce disque serait le message d’évacuation. Histoire de donner la consigne sans créer un mouvement de panique.

– Pas bête.

On a d’autres suggestions pour faire fuir les gens.

– Non, mais peine perdue. Le plan prévoyait que la base de l’attaché militaire devait constituer le principal site d’évacuation, suivi par l’ambassade, et une douzaine de points ponctuels identifiés par la CIA au cours des semaines précédentes. Essentiellement des toits d’immeubles susceptibles d’accueillir les hélicos. Sauf qu’à ce stade les routes de Saigon sont surchargées par les civils qui cherchent à fuir, de même que les ambassades. C’est la ruée sur les visas. L’ambassade américaine est rapidement prise d’assaut, autant par des personnels dont l’évacuation était planifiée que par d’autres qui sont aussi motivés pour quitter le pays avant qu’ils ne tombent entre les mains des Rouges.

– C’est-à-dire que si les supplétifs vietnamiens étaient appelés à passer un sale quart d’heure, ça serait pas forcément la fête pour le reste de la population.

– Voilà. A l’ambassade, la première priorité est d’aller chercher une tronçonneuse.

– C’est pas un peu violent pour empêcher les gens de rentrer ?

– Non, ça c’est un escadron de Marines qui s’en charge. Mais il faut d’urgence couper un grand arbre sur le parking, pour dégager une aire d’atterrissage. Ce que l’amiral Gayler avait demandé à l’ambassadeur de faire deux semaines plus tôt, mais évidemment il avait refusé puisqu’il n’y avait aucune urgence à préparer un départ. Donc ça aussi ça s’est fait en catastrophe le 29. Ca permet de disposer de deux points d’atterrissage à l’ambassade, sur le toit et sur le parking.

– Ca sera pas de trop.

– Que non. L’opération mobilise 100 hélicos. Des UH-1 Huey, Sikorksy CH-53 et HH-53, et Boeing CH-46, pour ceux que ça intéresse. 10 relèvent de l’Air Force, 65 de la Marine, et 25 d’Air America.

– Hein ? Mais que vient faire une compagnie aérienne là-dedans ?

– Ah non, Air America c’est l’organisation aérienne de la CIA. Qui a d’ailleurs connu quelques avanies.

– Genre ?

– A 11h30, le responsable d’Air America décide de relocaliser sa base d’opération de Tan Son Nhut vers le camp de l’attaché militaire. Où un camion-citerne de 45 000 litres de carburant avait été positionné dans la nuit du 28-29. Sauf qu’il est introuvable, parce que le responsable de la sécurité incendie a entre-temps ordonné qu’il soit déplacé, mais personne ne sait où.

– Non mais sérieux les gars.

– On le cherche, rien. Du coup on prend un hélico pour le localiser depuis le ciel. Il est finalement repéré dans un enclos. Le responsable de la maintenance se met alors en tête de le déplacer, mais la batterie est morte. Par conséquent, les hélicos de la CIA doivent se réapprovisionner sur les bateaux, ce qui limite sensiblement leur autonomie au-dessus de la ville.

– Ca se présente de mieux en mieux cette histoire.

– C’est pas tout. Six hélicos Air America sont aussi volés, l’arme au poing, par des Sud-Vietnamiens sur la base de Tan Son Nhut.

– Je peux un peu les comprendre.

– De fait, ça fait plusieurs jours que des hélicos vietnamiens, qui n’ont pas attendu l’ordre de l’ambassadeur, se posent sur les navires américains pour y débarquer des réfugiés. C’est bien, mais ça encombre les ponts. Par conséquent, quand l’opération est lancée, plusieurs sont balancés à la mer pour dégager de la place.

« Ticket de stationnement expiré. »

– A la guerre comme à la guerre.

– Au total, 46 hélicos des Forces Vietnamiennes sont foutus à la flotte. Plus ceux qui ont reçu la consigne de débarquer leurs passagers et d’aller amerrir.

– Amerrir ? Mais…ça flotte un hélico ?

– Non. L’idée était que les pilotes s’écartent du navire et sautent pour être récupérés à l’eau. Ce qui est aussi arrivé à au moins deux hélicoptères de la CIA à qui on a annoncé qu’ils ne pourraient pas être réapprovisionnés en carburant. Donc, plutôt que d’encombrer le pont avec un appareil qui ne peut pas voler…

– Plouf.

– C’est ça. Avec tout ça, la CIA ne dispose plus en début d’après-midi que de 13 hélicos, moitié moins que prévu. Pendant 18 heures, les pilotes, dont beaucoup sont seuls aux commandes (en général ça se pilote à deux) effectuent autant de rotations que possible. Ils chargent leurs appareils à la limite de leur capacité, avec quelques décollages qui tiennent du petit miracle. Ils embarquent tous ceux qu’ils peuvent, qu’ils soient inscrits sur une liste ou non. Certains officiels sud-vietnamiens autorisés à évacuer avec leurs proches se sont soudain retrouvés avec des très grandes familles.

– Une évacuation, ça crée des liens.

– L’ambassade des Etats-Unis est littéralement prise d’assaut par les Vietnamiens tentant d’accéder aux hélicos. Le matin du 29, on estime qu’il y a une dizaine de milliers de Vietnamiens autour, et 2 500 personnes dans le complexe. Il est sécurisé par un escadron de Marines, qui finit par utiliser du gaz lacrymogène pour maintenir un semblant d’ordre. Selon les témoins, c’est un bordel indescriptible.

« Bordel indescriptible ? Vous rigolez ? »

Un usager du RER.

– Et laisse-moi deviner, l’ambassadeur est monté dans le premier hélico ?

– Alors pour le coup non, pas du tout. Au contraire. Un appareil des Marines est dépêché pour le récupérer. Il est piloté par Gerry Berry.

– Gerry Berry ? Tu te fous de moi ?

– Ben non. Sa mission est donc d’évacuer Graham Martin. Mais il n’est pas là pour embarquer. Berry remplit donc son hélico, fait sa rotation, et revient. Plusieurs fois. Il se pointe à chaque reprise en disant qu’il est là pour embarquer Martin, mais au final repart toujours avec d’autres passagers. Martin se dit qu’il est temps de se comporter en capitaine qui coule avec son bateau, et il sait aussi que tant qu’il restera là, les hélicos reviendront. Ce qui permet d’évacuer plus de monde.

– Il est un peu con, mais noble.

– Ca n’a jamais été contradictoire. Toujours est-il qu’à 4h50 du matin le 30, pour son 14ème atterrissage sur le toit de l’ambassade, Gerry Berry en a un peu marre. Il décide de bluffer. Il refuse d’embarquer qui que ce soit d’autre, et indique que le président des Etats-Unis lui-même ordonne que l’ambassadeur monte à bord. Martin cède. Après la dernière rotation, c’est-à-dire après qu’on ait dit à Kissinger que l’opération était terminée, il reste encore 11 Marines et 420 civils qui devaient être évacués à l’ambassade. Donc on envoie un dernier hélico chercher les Marines. Ils décollent à 7h58 le matin du 30 avril. Là, c’est fini.

– Bilan ?

– 1 373 Américains et 5 595 Vietnamiens et autres sont évacués via Frequent Wind. Dans le même temps, plus de 65 000 Vietnamiens prennent la mer dans toutes les embarcations imaginables pour rejoindre la flotte américaine, composée de 40 bâtiments. 4 soldats US sont tués pendant l’opération. C’est à la fois remarquable, ne serait-ce que pour la prouesse des pilotes, et ridicule comparé à ce qui aurait pu être fait avec une évacuation en bonne et due forme, et en avion, sur plusieurs semaines.

– C’est sûr. Eh bien je te…

– Attends. C’est pas terminé. Il n’y a pas que les pilotes d’hélicoptères américains qui ont réalisé des exploits, et je ne saurais te parler de l’évacuation de Saigon sans mentionner le commandant Buang Ly.

– Connais pas.

– C’est un pilote de l’Armée de l’Air vietnamienne. Quand l’évacuation est déclarée, il embarque sa femme et ses cinq enfants dans un Cessna.

– Un Cessna genre un petit avion de tourisme ?

– Oui. C’est une version militaire, mais c’est effectivement un petit avion monomoteur de reconnaissance. Il décolle et prend la direction de la flotte américaine avec ce qu’il a dans le réservoir. Il atteint l’USS Midway. Coup de bol c’est un porte-avion. L’équipage le repère, et sort les jumelles. Il constate que le petit zinc est chargé jusqu’à la gueule, avec des enfants. L’option amerrissage et sauvetage est donc exclue. Le problème, c’est qu’il n’y a pas moyen d’établir un contact radio.

– Pourquoi ?

– J’en sais rien, mais le fait est que Buang a essuyé quelques tirs de Nord-Vietnamiens au décollage. Qu’à cela ne tienne, il décide de larguer une note manuscrite sur le pont. Sauf qu’elle s’envole avant que quelqu’un puisse la récupérer.

– Quand ça veut pas.

– Donc il recommence. Même chose.

– Non mais…

– Pour la troisième tentative, il leste le message avec son pistolet de service. Ce coup-ci, le message arrive à destination.

« Sel, légumes, lait, œufs… »

Buang prévient qu’il a une femme et cinq gamins à bord, et qu’il dispose d’une heure de carburant. Il demande gentiment si on peut lui dégager une piste suffisante pour qu’il se pose.

– Ca paraît une bonne idée.

– Oui, mais ça implique de balancer à la baille plusieurs hélicos, pour laisser se poser un appareil qui n’est pas autorisé à réaliser ce genre de manœuvre. Ca ne se fait pas, en principe. Le capitaine du Midway est Larry Chambers, par ailleurs le premier officier Afro-Américain à commander un porte-avion. Il ordonne au chef ingénieur de dévier toute l’électricité non utilisée pour la propulsion vers les moteurs de secours pour atteindre la vitesse requise pour l’atterrissage. Parce que les conditions de vent ne sont pas optimales, et qu’il faut tout faire pour faciliter une manœuvre qui s’annonce sportive.

– J’imagine que ça ne s’improvise pas trop, de se poser sur un porte-avions.

– Non. Puis le capitaine demande à son équipage de pousser à la mer plusieurs UH-1 Huey des Forces Militaires de la République Vietnamienne, soit plusieurs millions de dollars d’équipement. Ce qui normalement est passible de la cours martiale. Sachant qu’entre-temps 5 autres hélicos des forces vietnamiennes se pointent et atterrissent.

– Non mais les gars c’est pas le moment.

– Ben eux aussi ils évacuent. Même motif, même punition. Plouf.

«  Non mais celui-là il gênait pas… »

– Bon ben la piste est dégagée alors.

– Oui. Sachant que les appareils qui se posent sur un porte-avions sont conçus pour, et utilisent des crochets sur le pont pour s’amarrer à des câbles qui leur permettent de freiner afin de se poser sur la relativement courte distance à leur disposition. Il est hors de question que Buang en fasse autant, parce que son Cessna n’est pas vraiment prévu pour ça, et que ça risquerait surtout d’arracher son train d’atterrissage.

– C’est pas conseillé, pour atterrir.

– Le commandant Buang Ly est cependant un pilote doué, puisqu’il réussit à se poser et à s’arrêter sans aide, avec ce que les observateurs qualifient de manœuvre parfaite. Il est évidemment le premier pilote vietnamien à poser un avion de ce type sur un porte-avions de la marine US.

– Cool, on recommence !

– Les enfants, non.

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